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Au clair de lune [PV Tallula; Emily; Isaac]

   
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        
       
   
       
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Lun 17 Aoû - 22:46
       
       
AU CLAIR DE LUNE




EMILY
ISAAC



Au dessus de moi, une nuit sombre, sans étoiles, vide de toute lumière. Derrière moi, une ville déserte. A côté de moi, une maison abandonnée, délabrée, absente de tout signe de vie. Et devant moi, une ruelle sombre, lugubre, dans laquelle je plongeai mon regard ambré qui était désormais devenu terne à cause de ma morosité. Je ne comprenais pas pourquoi je me retrouvais soudainement seule au monde après tant d'années passées avec toute ma famille. C'était incompréhensible. Ce jour-là, en rentrant chez moi, j'avais découvert un bâtiment en ruines, sans trace de ma famille. Où étaient passés papa et maman ? Et qui avait fait ça à notre maison ? J'étais terriblement inquiète. Et il y avait de quoi ! Ma famille avait disparu, ma maison était détruite, j'avais déjà versé de nombreuses larmes de terreur absolue. Ma pire peur devenait réalité : être abandonnée, me retrouver seule. S'il y avait bien quelque chose que je ne pouvais supporter, c'était la solitude.

Et en me rendant en ville pour aller chercher Cheyenne, ma petite sœur, je m'étais retrouvée dans une ville déserte. Complètement vidée de ses habitants. C'était incroyable. Une heure auparavant, cette cité de Phyre était encore pleine de vie. Ce ne pouvait pas être possible. On ne pouvait pas m'avoir abandonnée. J'avais crié à l'aide à travers les rues, avait demandé s'il restait quelqu'un. Quand je m'étais rendue compte que la seule chose qui me répondrait, ce serait l'écho de ma voix qui rebondissait sur les murs, je m'étais écroulée à terre et m'étais mise à sangloter bruyamment. On m'avait réellement abandonnée. J'étais seule. Complètement seule.

Mais une lueur d'espoir avait soudainement envahi mes yeux et mes sens : Cheyenne. Je devais aller la chercher au collège. Peut-être... peut-être qu'elle y était encore. Peut-être qu'elle n'avait pas disparu comme papa, maman, et tous les habitants du village. J'avais essuyé mes larmes, me disant que je devais être forte et ne pas céder à mes émotions, avais enfilé un masque de détermination, et m'étais précipitée à toute vitesse vers le collège où étudiait ma sœur, priant pour qu'elle soit là, que tout s'arrange, que tout le monde aille bien et revienne vite. Je n'avais probablement jamais couru aussi vite de ma vie.

Cinq minutes après, arrivée au collège, je m'étais à nouveau effondrée. Personne. Absolument personne. Tout était silencieux, triste, presque morbide alors qu'une brume grisâtre s'était abattue sur la ville, créant une atmosphère sinistre qui me faisait frissonner de terreur absolue. Je croyais que je devenais folle. Qu'avait-il bien pu se passer ? C'est à ce moment-là que la réalité me percuta : même ma sœur m'avait abandonnée. Je n'avais plus personne. Mes parents... Ma sœur... Même mon chat, Misty, était parti.



- Pourquoi moi ? Pourquoi m'abandonner ? Pourquoi êtes vous partis ... ? Qu'ai-je fait de mal... ? avais-je réussi à murmurer malgré le flot de larmes qui recommençait à couler de mes yeux.


Alors que j'étais tombée à terre, complètement vidée de mes forces, j'avais repensé à tout le bonheur que je ressentais en vivant avec ma famille au complet. Même s'ils pouvaient m'agacer de temps à autre et que je passais beaucoup de temps à me disputer avec Cheyenne... Ils étaient ce que j'avais de plus précieux au monde, et il n'y avait rien que j'aimais plus qu'eux, la chaleur du cocon familial, la gentillesse de ma mère, le rire bienveillant de mon père, le sourire jovial de ma sœur... Non. Tout cela ne pouvait pas avoir disparu. Ils n'auraient tout simplement jamais pu m'abandonner.

Quelqu'un devait avoir pris d'assaut la ville et envoyé les habitants quelque part. Repoussant mes deux tresses rousses en arrière, je m'étais relevée une nouvelle fois, et avait commencé à courir vers la sortie de la ville. Il fallait que j'aille chercher de l'aide. Que j'aille les sauver. Peu importe le fait que je sois petite et faible, et que je n'ai pas encore découvert mes pouvoirs magiques. J'allais les retrouver. Et tout redeviendrait comme avant. J'avais essuyé mes yeux rougis par les larmes que j'avais versées, et j'avais pressé le pas, accélérant encore grâce à la force de ma détermination.

Soudainement, une silhouette qui m'étais familière était apparue près de moi. Poursuivie par une autre silhouette. Je croyais rêver.

C'était Cheyenne. Mon adorable petite sœur blonde qui avait beau parfois être une vraie peste, mais qui était ma meilleure amie, une personne à qui je pouvais tout confier et qui m'aiderais toujours à me remettre sur les bons rails. Je m'apprêtais à crier son nom et à sauter dans ses bras en poussant des cris de joie, mais je ne l'avais pas fait en voyant qu'elle était en train de courir, l'air paniquée. Elle était poursuivie par un homme. J'avais commencé à crier son nom, mais ma sœur ne semblait pas m'entendre. L'homme avait alors réussi à l'attraper, et ma sœur avait tenté de se débattre, mais en vain. L'inconnu l'avait alors entraînée dans une ruelle encore plus lugubre que le reste de la ville.

Une nouvelle fois prise d'une angoisse qui m'engourdissait les sens, j'avais couru à l'entrée de la ruelle. Avant de plonger mon regard dedans. Et là, je m'engouffrai à l'intérieur, courant à toute vitesse pour rejoindre ma sœur. Quelques instants plus tard, j'arrivai dans une place immense, dont je ne connaissais même pas l'existence. Une odeur pestilentielle vint alors envahir mes narines, et je plissai les yeux pour découvrir la source de la puanteur.

Quelques instants plus tard, la place fut soudainement éclairée, et une vision d'horreur me saisit.

Des cadavres. Des cadavres partout. Des flaques de sang s'écoulaient des corps sans vie, du sang qui coagulait dans les têtes arrachées des habitants de la ville, et je m'aperçus que mes pieds trempaient désormais dans une substance rouge. Et devant moi se trouvaient les corps inanimés de mes parents.

Je poussai un hurlement à glacer le sang, un hurlement d'horreur, de désespoir, de terreur.

Mes parents ne pouvaient pas être morts. C'était impossible. Ma poitrine se resserra, mon estomac se tordit comme si un serpent s'était enroulé autour de l'organe, ma tête se vida de toute pensée cohérente, mon cœur sembla cesser de battre pendant un long moment, mes genoux lâchèrent, ne supportant plus mon poids, et je tombai une nouvelle fois à terre. Je fermai les yeux, les frottai, espérant que le simple fait de refermer mes paupières effacerait cette image de ma mémoire et qu'en les rouvrant, le ciel serait de nouveau bleu, mes parents seraient en vie, cette brume lugubre serait partie, et tout serait redevenu comme avant-

Je les rouvris. Les yeux morts de ma mère semblaient me fixer du regard.

J'entendis soudainement un bruit. Je me retournai brusquement. Et là, je revis Cheyenne et l'homme. Mon sang se glaça à nouveau.

L'homme brandissait un long couteau vers ma sœur.


- NOOOOOOOOOON ! CHEYENNE ! hurlai-je en me précipitant vers elle.

J'interceptai le coup en me plaçant entre ma sœur et le couteau, me sacrifiant pour qu'elle puisse vivre. Je refusai que ma sœur perde la vie. Après mes parents, elle ne pouvait pas disparaître elle aussi.

En une seconde, ma décision était prise : je mourrais à sa place.

Je ressentis un sentiment d'euphorie en voyant que le couteau me transperçait. Ma sœur allait avoir le temps de s'enfuir. Elle allait vivre. Elle n'allait pas être blessée. Et c'était amplement suffisant. Étrangement, je ne ressentais aucune douleur, alors qu'un couteau venait de me transpercer le ventre, déchirant mes organes intérieurs.

Mais j'entendis un cri de douleur provenant de derrière moi.

En me retournant, je vis du sang couler du ventre et de la bouche de ma sœur.

Le poignard s'était planté dans son ventre, en se contentant de me transpercer comme si j'étais un fantôme. Comme si je n'existais pas. Et c'était ma sœur qui allait mourir.

J'avais tout perdu. Je voyais ma sœur mourir devant mes yeux, sans pouvoir rien faire. Alors que moi, je restais égoïstement en vie. Et alors qu'elle tombait sur le sol, les paupières lourdes, je l'entendis prononcer ces mots dans un dernier souffle :


- Tu m'as laissée mourir... Tu m'as abandonnée.

Mon monde s'écroula.

- CHEYENNE ! CHEYEEEEEENNE !


•••


- Cheyenne ! s'écria Tallula à voix basse, relevant brusquement la tête de son oreiller.

La respiration de la rousse était saccadée, et son corps tremblait de façon incontrôlable. Elle battit plusieurs fois des cils, essayant de rendre sa vision plus claire afin de distinguer les détails de l'endroit où elle se trouvait. Elle se rendit compte qu'elle était en sécurité dans son lit au dortoir Émeraude, que rien n'était arrivé, que ce n'était qu'un énième cauchemar de plus, que Raff dormait encore en face d'elle et qu'elle ne l'avait pas réveillée malgré son cri d'effroi, et que ses parents étaient encore en vie, que rien ne leur était arrivé.

Sa sœur, en revanche, l'avait bien quittée.

Tallula fixa du regard ses mains moites de transpiration, et en retournant la tête vers son oreiller, elle vit que celui comportait des traces de larmes. Elle avait pleuré pendant la nuit. Alors qu'elle s'était fait la promesse de ne plus jamais pleurer. La rousse secoua plusieurs fois la tête, essayant de chasser le brouillard s'étant installé dans son esprit perturbé par le cauchemar qu'elle venait de faire.

Elle commençait à en avoir assez de faire toujours ce même rêve sans cesse. C'était la deuxième fois en cinq jours qu'elle l'avait fait. Depuis la découverte de son pouvoir, la matérialisation de cauchemars, elle ne pouvait plus dormir tranquillement, et elle voyait ses pires peurs se concrétiser dans ce cauchemar : la peur de la solitude, la peur de voir ses proches mourir. Et elle voyait régulièrement sa sœur mourir devant ses yeux, qui lui lançait un regard plein de rancœur avant de mourir, exprimant la culpabilité que Tallula ressentait envers la mort de sa sœur trois années auparavant. La rouquine avait beau se convaincre qu'elle avait tourné la page, ce traumatisme venait souvent la hanter, et cela se voyait dans ses rêves.

Tallula secoua une nouvelle fois la tête, et se leva, faisant attention à ne pas réveiller sa colocataire aux yeux violets. Elle rentra dans la salle de bain, ouvrit doucement le robinet et s'aspergea le visage d'eau fraiche. La rousse s'observa dans le miroir : ses yeux ambrés d'ordinaire pétillants de joie de vivre étaient devenus ternes, comme dans son rêve, et étaient entourées de cernes. Elle était exténuée. Tournant la tête vers l'horloge, Tallula constata qu'il était deux heures du matin. Heureusement que ses cours ne commençaient que le surlendemain, car la rouquine le savait : après un tel cauchemar, elle risquait fortement de faire nuit blanche. Elle avait fini à s'habituer de devenir insomniaque, après tout, cela faisait un an qu'elle ne dormait pas au minimum deux fois par semaine. Comment vouliez-vous vous endormir après avoir eu une vision de votre soeur mourant devant vos yeux ?

La rousse décida alors de prendre le risque d'aller faire un tour dehors. Il était interdit de se promener dans l'enceinte de l'établissement la nuit et elle le savait, mais elle était prête à prendre le risque. Après tout, des heures de retenue elle en avait déjà eu une bonne quantité, et une de plus ou de moins ne ferait strictement aucune différence; donc tant pis si elle se faisait prendre, au diable la prudence, elle voulait juste aller se vider l'esprit de ses pensées moroses. Et elle savait qu'une petite balade lui ferait du bien, surtout si elle parvenait à aller à l'extérieur. Le plus important, c'était de ne pas réveiller Raff, qui était profondément endormie.

Une fois sa décision prise, Tallula s'approcha sans bruit de sa valise, et enfila un débardeur blanc ainsi qu'un short en jean. Elle mit également ses tongues noires, ouvrit silencieusement la porte de la chambre qu'elle partageait avec sa colocataire brune, avant de sortir du dortoir Émeraude. Une fois arrivée dans le grand couloir du sixième étage, elle dépassa la salle de Divination, tendant l'oreille au cas où un professeur arrivait. Heureusement pour elle, elle avait choisi le bon moment pour faire son escapade : tous les professeurs étaient partis se coucher, après tout, ils avaient pour la plupart fait un long voyage pour arriver à Lumes, et ils dormaient tous profondément.


- Au moins ils arrivent à dormir, eux, songea-t-elle sarcastiquement.

Elle descendit tous les étages sans se faire remarquer, arriva au rez-de-chaussée, et sortit par une fenêtre entrouverte car la porte d'entrée était verrouillée. Franchement, ils devraient songer un peu à la sécurité de l'académie... N'importe qui pouvait rentrer ! Une fois sortie, elle commença à se balader sous le clair de lune qui projetait des rayons de lumière vers elle, ce qui lui permettait de pouvoir s'orienter dans le noir sans trop de difficulté. Elle longea les murs de l'académie, posant une petite main dessus, sentant sous ses doigts le contact rugueux du mur. Tallula poussa un long soupir, et commençait à se sentir plus détendue, les images horribles de son cauchemar commençant enfin à sortir de sa tête.

Tallula se souvenait que la première fois qu'elle avait fait ce cauchemar, elle était restée cloîtrée dans sa chambre pendant quelques jours. Celui-ci avait beau toujours la terrifier et lui glacer le sang, elle parvenait à se contrôler quand elle faisait ce cauchemar. Désormais, elle ne se réveillait plus en hurlant comme elle le faisait auparavant. Elle ne faisait que dire à voix basse le prénom de sa sœur. Car le cauchemar s'achevait toujours ainsi : par la mort de Cheyenne.

Cependant, cela ne signifiait pas qu'il ne l'affectait pas, bien au contraire. Quand elle faisait ce cauchemar, elle se sentait morose, triste, comme si elle avait besoin d'être rassurée. Même si désormais elle s'était forgé une carapace contre ce rêve qui lui permettait de ne plus en avoir peur, sa défense n'était pas non plus impénétrable. Et à ce moment-là, la barrière qu'elle avait construite au bout d'une année se fendillait.

Au bout d'une demi-heure de marche, Tallula décida de s'asseoir dans l'herbe, et elle leva la tête vers le ciel. Contrairement à son rêve, ce ciel là était bienveillant, plein de vie, illuminé par la lune et les étoiles. Elle se sentit nostalgique. Cheyenne aimait beaucoup contempler les étoiles la nuit, et la rousse se souvenait des cris de joie qu'elle poussait quand elle voyait occasionnellement une étoile filante. Et Cheyenne lui disait alors qu'elle avait fait le vœu d'être toujours entourée des personnes qu'elle aimait.

Tallula en voulait aux étoiles de ne pas lui avoir accordé son vœu. Elle détourna la tête et cessa de les regarder.

La rousse avait beau se sentir malheureuse à ce moment-là, rien n'était comparable à la douleur qu'elle avait ressentie quand sa mère lui avait annoncé le meurtre de Cheyenne. La pire année de sa vie était celle qui avait suivi la mort de sa sœur. Elle était complètement anéantie, perdue, brisée. Elle passait ses journées à pleurer, et ses amies l'avaient délaissées.

Comme dans son cauchemar, elle s'était sentie seule. Alors que c'était elle qui rejetait les autres. Puis, elle avait fini par se rendre compte qu'elle devrait avoir honte de son comportement. Cheyenne ne voudrait pas la voir malheureuse, et se priver de vivre ne rendrait pas hommage à sa petite sœur. Puis, la rousse avait fini par regoûter à la vie. Pour elle. Pour sa petite sœur casse-pieds à la fin tragique. Pour Cheyenne qu'elle revoyait mourir régulièrement. Pour elle, Tallula s'était fait la promesse de ne plus jamais pleurer. De toujours rester celle qu'elle avait toujours été. Optimiste, joyeuse, drôle, heureuse de vivre. Et c'est ce qu'elle avait fait.

Mais parfois, l'absence de sa sœur était trop difficile à supporter.

Elle repensait à Cheyenne, à leurs disputes, à leurs rires, à tous les moments qu'elles avaient passé ensemble. Ces moments qui resteraient à jamais gravés dans sa mémoire. Les moments où elles faisaient partie d'une famille heureuse et qui n'aurait pas pu l'être encore plus.

Ses yeux commençaient à s'embrumer. Ce soir là, pour la première fois depuis longtemps, elle n'arrivait pas à supporter la douleur. Malgré toutes les barrières qu'elle avait construites, malgré toutes les promesses qu'elle s'était faites, deux larmes parvinrent à passer à travers ses défenses qui tentaient de refouler ses larmes. Suivies par quelques autres. Cependant, quand elle entendit des bruits de pas s'approcher d'elle, elle essuya immédiatement ses yeux et pria pour qu'ils ne soient pas rouges. Elle se tourna vers l'inconnu qui s'approchait d'elle, espérant que ce ne serait pas un professeur. Et si c'en était un, elle était prête à en découdre avec lui.

Ce n'était pas vraiment le moment idéal pour se faire déranger. Mais elle était tout de même vis à vis de l'identité de la personne qui s'approchait d'elle. Ainsi, elle remis sa chevelure flamboyante en place, et attendit que l'inconnu soit assez proche d'elle pour qu'elle puisse bien le voir.

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Mar 18 Aoû - 17:16
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    Je n'avais jamais dormi dans un lit. Dans ma minuscule maison de Saddym, je passai les nuits couchée sur des couvertures étalées par terre. Le lit était bien plus confortable, mais la situation étrangère ne faisait qu'ajouter à mon humeur morose. Au moins, j'étais seule dans ma chambre. Cette Nintendogs n'était probablement pas encore arrivée, à moins qu'elle ne passe les nuits dans d'autres lits que les siens. Les seules personnes avec qui j'avais parlé cette journée étaient donc ma mère, lorsqu'elle me jeta dehors, et le blond au grimoire dont le nom m'avait déjà échappé. C'était mieux ainsi. Je ne me sentais pas d'humeur très sociable. Pas que je me suis déjà sentie d'humeur sociable, de toute façon.

    Je ne faisais que me tourner et me retourner dans mon lit, les mains serrées autour du téléphone précieux que j'avais un jour volé à un professeur. Aucun message, aucune nouvelle... La plupart de mes amis ne possédaient pas de téléphone. Aucun de nous était riche, ou intégré, et nous formions une jolie petite bande de parias que personne n'appréciait. Le fait que je n'aie aucun moyen de les contacter attisait ma colère. Je n'avais pu dire au revoir, mais ça n'aurait rien changé, on aurait fait que pleurer l'un dans les bras de l'autre. Toujours mieux que pleurer seule serrant son oreiller, pourtant.

    Je finis par me lever, lassée de sangloter sur mon oreiller trempé que j'avais même boxé quelques fois. Même ma chambre allait me détester. Je ne savais pas s'il était permis de se promener la nuit. Probablement pas, mais qu'allaient-ils me faire ? Prévenir ma mère ? Me virer ? Me coller ? Tout cela m'indifférait. J'ouvris une fenêtre et reculai en sentant une brise froide, trop froide pour moi. Je mis ma veste d'uniforme par dessus mon pyjama gris trop grand. Je devais avoir l'air bien ridicule. Je poussai lentement la porte de ma chambre pour ne pas faire de bruit, et me glissai dehors.

    J'allai naturellement au seul endroit que je connaissais à part ma chambre : la cour que j'avais explorée plus tôt dans la journée. Je remerciai intérieurement la personne stupide qui avait laissée une fenêtre ouverte, même si le fait que je puisse sortir aussi facilement signifiait également que n'importe qui pourrait entrer aisément. Je laissai mon esprit divaguer, penser à meurtriers, violeurs et voleurs, afin de me distraire. Me promener la nuit était également quelque-chose de nouveau. Je n'avais jamais été prône aux nuits blanches, mais il semblait que beaucoup de choses changeaient chez moi.

    Je glissai les mains dans mes poches et m'avançait dans la cour, admirant la lune. En les baissant, je sursautai. Une silhouette était dressée devant moi. Je me calmai en voyant qu'elle n'était vraiment pas massive. Probablement une fille. Une partie de moi voulait faire demi-tour et aller rêvasser quelque-part... mais l'autre partie reconnut qu'il s'agissait d'une distraction, et je ne voulais surtout pas rester seule avec mes pensées. Je m'avançai donc vers la personne, et vit qu'il s'agissait effectivement d'une fille aux cheveux clairs.

    T'es perdue, petite ? lui demandai-je en penchant la tête sur le côté. Plutôt bizarre, à rester plantée dans la cour toute seule au milieu de la nuit.  
              
       
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Mar 18 Aoû - 18:29
       
       
AU CLAIR DE LUNE




EMILY
ISAAC



Tallula observa la silhouette s'approcher d'elle lentement, jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment proche pour pouvoir distinguer les contours de son visage. A priori, ce n'était pas un prof, puisque la silhouette était en réalité une jeune femme qui devait avoir à peu près son âge. La rousse ne put s'empêcher d'être un peu soulagée, elle n'aurait pas vraiment apprécié se prendre déjà des heures de colle dès le premier jour. La fille avait de magnifiques yeux bleus. Très grands, ceux-ci semblaient briller comme deux saphirs dans la nuit. Ses yeux lui rappelaient d'ailleurs ceux de Raff, même si ceux de sa colocataire ressemblaient plutôt à des améthystes. L'inconnue avait également des cheveux noirs, lisses et très longs qui étaient bercés par la brise fraîche nocturne. Même en étant assise, Tallula pouvait voir que la fille était beaucoup plus grande qu'elle - elle était même très grande, d'ailleurs ! (Oui, parce qu'être plus grande que Tallula, c'est franchement pas compliqué). Elle remarqua également qu'elle avait un drôle d'accoutrement, elle était vêtue d'un pyjama gris dans lequel elle semblait flotter tellement celui-ci était grand, et son haut était superposé par sa veste d'uniforme. Étrange. Avait-elle froid ? Elle devait probablement venir d'un pays au climat très chaud, comme le sien, donc Phyre ou Saddym. C'est vrai que Phyre aussi avait un peu froid, elle frissonait un peu. Après tout, elle n'avait pas l'habitude qu'il fasse aussi frais. Mais elle n'avait pas froid au point de devoir enfiler un pull au-dessus de son débardeur. L'inconnue semblait plus affectée par la fraîcheur qu'elle.

Celle-ci ne semblait pas encore avoir remarqué la présence de la rouquine, mais quand elle s'avança de quelques pas supplémentaires, l'inconnue sursauta et dévisagea Tallula du regard. Il y avait quelque chose que la rousse n'appréciait pas dans son regard, qui dégageait une sorte de froideur. Ce n'était peut-être qu'une vague impression, elle se trompait peut-être, mais son regard laissait paraître que ce n'était pas le genre de personne qui aimait parler aux autres.

Son intuition était sans doute fausse, car à sa surprise, la brune prit la parole, et demanda à Tallula si elle était perdue. La rouquine tiqua un peu sur le 'petite' qu'elle avait ajouté à la fin. Même si cet adjectif lui correspondait tout à fait, elle n'aimait pas qu'on lui rappelle. Mais la façon dont laquelle elle l'avait dit... On pouvait sentir un certain sentiment de... supériorité. Et Tallula n'aimait pas du tout ça. Un drôle d'instinct la poussait à se méfier d'elle. Même si Tallula adorait faire de nouvelles connaissances et se faire des amies, elle sentait que l'inconnue ne serait pas quelqu'un avec qui elle pourrait se lier d'amitié.


- Ah, t'es pas un prof. Tant mieux. Quoique même si t'étais prof je m'en foutrais dis-je. Et non, je ne suis pas perdue, j'avais juste besoin de prendre l'air, et comme un idiot a oublié de fermer la fenêtre j'en ai profité. J'pourrais te dire la même chose d'ailleurs, vu que tu es dehors toi aussi alors qu'on sait très bien toutes les deux que si on se fait choper, on est dans la merde.

Au bout d'un instant, la rouquine ne put s'empêcher d'ajouter :

- Et je ne suis pas petite !

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Mer 19 Aoû - 19:54
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AU CLAIR DE LUNE


J'avais toujours été très grande, dépassant toutes les filles que je connaissais, mais cette fille aurait été minuscule aux yeux de quiconque l'aurait vue et elle se faisait des illusions si elle pensait ne pas l'être. Sa petite tirade m'arracha un sourire. J'avais du taper dans un endroit sensible, car elle me parut être un peu sur la défensive quand elle me répondit, faisant allusion aux profs dont "elle s'en foutait". Voulait-elle une médaille pour son grand courage ? Elle me paraissait être au contraire le genre de petite fille parfaite populaire qui baisserait les yeux devant les profs. Surement son visage qui me donnait cette impression : ses grands yeux innocents, son petit froncement des sourcils adorables lorsqu'elle avait protesté mon "petite"... Oui, surement la fille qui sautillait en poussant des petits cris lorsqu'elle voyait ses amies, qui levait la main bien haut en cours en s'empressant de répondre, qui rougissait devant un garçon dépassant à peine le seuil de la laideur, qui agitait les bras de manière ridicule au cours d'une dispute. Et si quelque-chose me faisait toujours rire, c'était quand les gentilles filles mignonnes comme celle-ci se donnaient des airs de rebelles.

Ne t'inquiète pas, ma petite, si un grand méchant prof s'approche de toi, je te protégerai. susurrai-je en lui tapotant la tête, en appuyant sur le "petite. Ce n'était absolument pas ma journée, alors si je pouvais m'amuser un peu en tourmentant une petite fille mignonne, je le ferais. Je me demandais tout de même pourquoi elle était sortie au milieu de la nuit. Je n'avais croisé personne en sortant, un silence profond régnant dans les couloirs. Pas vraiment commun de s'aventurer la nuit à Ellour, semblait-il, et cette fille me semblait être des plus communes. Peut-être avait-elle un rendez-vous secret avec un garçon aussi petit qu'elle. Elle irait bien avec le blond au livre songeai-je. Je décidai de lui poser la question.

 Pourquoi t'es ici, tu as peur des monstres dans ton placard ? Mais il pourrait y en avoir ici aussi. Tu ferais mieux d'aller te recoucher Je haussai légèrement les épaules, puis me souvins de quelque-chose que j'avais entrevu lorsque j'avais fait une visite accidentelle de l'école en cherchant mon dortoir. Y en a des tas partout, je te jure, juste en me promenant j'ai vu le portrait d'une créature dégueulasse au milieu des portraits des meilleurs élèves... Je n'avais toujours pas compris ce que c'était censé être, mais ce n'était pas un élève, ça, je le devinais aisément. Je rigolai légèrement en m'en souvenant puis regardai la fille dans les yeux, en me demandant si elle était peureuse. Elle en avait tout l'air. Je me demandai si ce serait moi ou elle qui détournerait le regard en premier. J'aurais tout parié sur moi, évidemment.

 

              
       
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Jeu 20 Aoû - 14:53
       
       
AU CLAIR DE LUNE




EMILY
ISAAC



Les paroles ainsi que le sourire mesquin de l’inconnue ne faisait que confirmer la première impression qu’elle avait eue d’elle. Et celle-ci était loin d’être positive. La brune prenait une position supérieure vis-à-vis d’elle principalement pour leur différence de taille (et très probablement de caractère), et ce n’était pas quelque chose que Tallula appréciait. On ne jugeait pas quelqu’un en fonction de son physique. La rousse fronça les sourcils en l’entendant dire d’un air moqueur qu’elle la protégerait des profs s’ils venaient, tout en tapotant sa main sur sa tête. En plus, elle se moquait d’elle. Tallula n’allait certainement pas s’entendre avec elle, elle détestait les filles qui se croyaient supérieures aux autres. Elle décala la tête sur le côté pour se dégager de la main qui s’était posée sur son crâne.

- Ce ne sera pas la peine, merci. C’est pas parce que tu me trouves petite que j’sais pas me défendre toute seule, contrairement à ce que tu penses. Et s’il te plaît, ne prends pas ce ton mielleux avec moi. S’il y a bien quelque chose que j’aime pas, c’est l’hypocrisie.  rétorqua-t-elle sèchement. Et si j’ai pas envie de croiser un prof, c’est simplement parce que j’aurais un peu la flemme de devoir aller en colle le premier jour, j’comptais plutôt aller visiter la capitale. Et puis se faire mal voir le premier jour ce serait pas terrible non plus, j’ai pas envie qu’on me fasse chier toute l’année, tu vois ?

Elle n’était certainement pas d’humeur à se disputer, les images de sœur défunte hantant encore son esprit, mais cette fille l’agaçait fortement et elle ne souhaitait qu’une seule chose : qu’elle parte et lui foute la paix. Elle préférait encore rester seule que de devoir supporter une peste pareille, de plus la rousse commençait à avoir mal à la tête. Ce n’était pas dans les habitudes de Tallula de rejeter la présence d’autres personnes, mais ce n’était certainement pas le bon moment pour la déranger. Alors qu’une nouvelle image du cadavre de ses parents passait dans sa tête et qu’elle devait s’empêcher de grimacer d’horreur, la brune reprit la parole, à sa plus grande horreur. Elle sentit sa colère monter encore d’un cran. Elle l’accusait de n’être qu’une pauvre gamine, cette sale peste.

Si elle était une gamine auparavant, Tallula ne l’était certainement plus. Après tout, les gamins ne font pas des cauchemars où ils voient leur sœur mourir devant leurs yeux et la tête décapitée de leur mère les fixer du regard avec leurs yeux morts.  


- Le fait que je sois un peu insomniaque te poserait-il un problème ? demanda-t-elle. Et je pense que les monstres ont autre chose à faire que d’attaquer une fille comme moi qui décide d’aller prendre l’air à deux heures du matin. Ce que tu m’as dit à propos des monstres dans mon placard pourrait aussi s’appliquer dans ton cas. Aurais-tu pris peur en voyant ton placard trembler ? fit-elle en souriant sarcastiquement, ce qui n’était là non plus pas dans ses habitudes. Et ta créature dégueulasse, ça s’appelle une chèvre, et 95% des gamins de sept ans sont capables d’en reconnaître une quand ils la voient. Je pense que tu es très mal placée pour suggérer que je ne suis qu’une pauvre gamine immature, ajouta-t-elle en défiant la brune du regard.


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Jeu 20 Aoû - 17:15
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AU CLAIR DE LUNE


Ainsi, il s'agissait d'une chèvre. Je n'avais jamais vu l'animal, même si j'étais consciente de son existence, et ayant passé tous mes cours de primaire à dormir, il n'était pas étonnant que je n'avais pu le reconnaître, surtout au milieu de portraits d'être humains où je ne m'attendais pas à voir cet animal... En fait, j'étais quasiment reconnaissante à l'inconnue d'avoir élucidé de mystère. Probablement la seule fois où elle s'était rendue utile de sa vie. Et la plupart des personnes auraient reconnu le sarcasme, mais tout le monde ne peut pas être aussi brillant que ta chèvre. Ne te flatte pas en me traitant d'hypocrite, je n'ai jamais eu l'intention d'être ton amie. répliquai-je. Hypocrite ? Ce descriptif était une première pour moi. Je ne pensais pas avoir été subtile dans mes insultes, mais si elle ne comprenait pas l'ironie, je me ferais un plaisir d'être plus claire.

Sérieusement, je m'en fous que tu sois insomniaque, je voulais juste te taquiner un peu mais c'est pas marrant si tu t'emportes aussi vite, c'est trop facile... J'avais eu raison de lui parler. Cette fille n'était rien de spécial, mais elle s'était avérée être une bonne petite distraction, assez pour me calmer. Les petites disputes de ce genre m'étaient tellement familières. Elles avaient fait partie de mon quotidien à Saddym, et les retrouver ainsi me rassurait. Cela me prouvait que même si j'avais l'impression que tout changeait, certaines choses resteraient toujours les mêmes. En fait, cette dispute avait illuminé ma soirée.

Mais je n'aimais tout de même pas me faire insulter de "pauvre gamine immature" par une naine rousse qui se pissait dessus à l'idée de mal se faire voir par un prof... Je n'étais pas très étonnée que la première fille à laquelle je parle soit aussi pathétique. Au moins, ma colocataire au nom bizarre était étrange, pensai-je. Puis, je réalisai qu'il était possible que cette fille soit ma colocataire. Après tout, elle n'était pas dans la chambre non plus. Dis moi ton nom. lui lançai-je tout en me glissant par terre, m'allongeant sur l'herbe. Faites que cette conne ne soit pas ma coloc, et que ma vraie coloc crève quelque-part, car j'ai vraiment pas envie de partager... priai-je.
 

              
       
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Ven 21 Aoû - 8:52
       
       
AU CLAIR DE LUNE




EMILY
ISAAC



Pourquoi ? Pourquoi est-ce que cette fille chiante n’avait absolument rien de mieux à faire que d’aller emmerder une pauvre gamine rousse insignifiante qui voulait juste aller prendre l’air ? Cette fille devait vraiment s’ennuyer pour s’abaisser à un tel niveau de stupidité. Tallula ne comprenait pas ces filles mesquines qui avaient pour seul but dans la vie d’être des pimbêches. Il était dommage de consacrer sa vie à ça, et la rouquine plaignait sincèrement la brune d’être stupide au point de ne même pas pouvoir reconnaître une chèvre. Tallula n’avait franchement pas envie de répondre à cette fille pitoyable qui ferait mieux d’aller relire ses cours de maternelle au lieu de rabaisser des filles qui valaient bien plus qu’elle. Elle n’en valait pas la peine, et lui répondre serait lui montrer de l’intérêt et donc rendre cette fille au quotient intellectuel désastreux encore plus imbue de sa personne. Cependant, après un tel affront, la rousse ne pouvait pas ne pas répondre, et même si elle n’avait pas le meilleur sens de la répartie qui soit, elle ne pouvait pas laisser croire à cette peste qu’elle l’effrayait alors que ce n’était certainement pas le cas.

Désormais, Tallula n’avait plus peur de grand chose. A part la solitude, qui restait sa phobie principale. Mais ce soir, c’était quelque chose dont elle avait vraiment envie pour une fois. Une nouvelle fois, la rousse se demanda pourquoi elle était obligée de venir.


Elle est tellement pathétique qu’elle cherche à montrer sa supériorité inexistante au premier venu. songea-t-elle.

Tallula détestait déjà cette fille, alors que cela faisait à peine une minute qu’elles se parlaient. Même si Cheyenne avait tendance à être un peu cynique et sarcastique par moments comme cette fille, au moins elle restait sympathique et ses intentions n'étaient pas mauvaises.

- J’reconnais le sarcasme quand j’en entends, tu ne savais vraiment pas ce qu’était une chèvre. Ton manque de culture est effrayant. Première fois de ma vie que je vois quelqu’un qui ne sait pas reconnaître une chèvre. T’as beau être franchement stupide, t’es quand même un peu marrante. Dans le sens pathétique du terme. Et je ne vois pas pourquoi je souhaiterais devenir amie avec une peste imbue de sa personne. Je t’avoue que me lier d’amitié avec les personnes qui me font pitié ne fait pas partie de mes habitudes.

Tallula bâilla. Même si elle ne parvenait pas à dormir, cela ne signifiait pas qu’elle n’était pas fatiguée. Il fallait forcément qu’elle fasse un cauchemar la nuit où une peste se promenait dans les parages ?

- Je m’en doutais un peu. Si tu veux vraiment te marrer, reviens un autre jour, j’serais p’têtre plus disposée à te faire rire. Je ne suis pas d’humeur à rigoler, et c’est plutôt rare, manque de bol. Sérieux, tu peux pas te barrer ? Tu me gonfles, et j’étais très bien avant que t’arrives. Si aller tourmenter une petite fille rousse est la meilleure occupation que tu te sois trouvée, je te plains sincèrement, tu dois souvent te faire chier dans la vie.

A la grande surprise de la rouquine, la brune s’installa alors à ses côtés en s’allongeant dans l’herbe. Tallula dut s’empêcher de faire la grimace alors qu’elle lui demandait son nom. Pourquoi est-ce qu’elle venait s’asseoir à côté d’elles alors qu’elles s’aimaient pas ? Cette fille avait décidément vraiment envie de l’emmerder. Elle décida d’exprimer son agacement à voix haute. A ce rythme, la rousse allait devoir se lever pour aller chercher un autre coin tranquille, en priant pour que la brune la suive pas puisque celle-ci semblait déterminée à lui pourrir sa soirée.

- Je ne vois pas pourquoi ça t’intéresse, mais j’suis Tallula, Tallula Light. Dortoir Emeraude. Rassure-moi, on est pas dans le même dortoir ? Et sinon, je peux savoir pourquoi tu viens t’asseoir à côté de moi alors que tu m’aimes pas et que c’est réciproque ?



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Sam 22 Aoû - 13:28
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AU CLAIR DE LUNE


Je passai la main dans mes cheveux. Elle commençait à m'ennuyer, je devais me l'avouer. Même moi me fatiguais à un moment des disputes, et celle-là n'allait nulle part. Je ne connaissais tout simplement pas assez Tallula pour vraiment l'insulter, et pour vraiment être heureuse de la rabaisser. Peut-être que ce serait amusant plus tard, pensai-je, quand je la recroiserai. Tant qu'elle n'était pas ma colocataire... je fus amusée en entendant l'espérer n'être pas dans le dortoir que moi. Au moins, on ne différait pas en ce point. Je m'étirai dans l'herbe avant de lui répondre, plus sèchement qu'avant, ma patience commençant à s'épuiser :

Je ne parlais pas de ça quand j'ai dit que j'étais sarcastique... Je faisais en vérité référence aux moments qu'elle avait pris pour de l'hypocrisie, mais je ne comptais pas me justifier envers elle. Gagné, j'ai pas reconnu une chèvre. Y en a pas d'où je viens et je me suis pas arrêtée devant le portrait pour l'admirer longtemps, contrairement à toi. T'as peut-être pris ça pour un miroir ? Je détestais le fait qu'elle se focalisait sur la stupide chèvre. Elle me faisait un peu penser aux gens qui s'arrêtaient sur une erreur de grammaire lors des disputes et l'utilisaient pour démontrer à quel point une personne était inférieure. L'erreur était humaine, et une erreur humaine telle que Tallula aurait du le réaliser. Quand tu grandiras, tu verras qu'il y a des choses plus importantes dans la vie que reconnaître des chèvres quand tu passes rapidement à côté, j'espère. Et je me suis pas allongée ici pour toi, tu vois ?

Elle était franchement stupide. Elle pensait que j'étais venue dans la cour pour ses beaux yeux, ou quoi ? Evidemment que je m'installais là, c'était mon plan initial. Je suis venue ici pour ça, j'ai pas été attirée par ton aura... tout ne tourne pas autour de toi. Ou peut-être que si en fait, tu dois mieux savoir que moi, t'es une génie qui sait à quoi ressemble un animal. Et t'es gentille, en plus ! Mais n'ais pas pitié de moi, Tallula chérie, tu me connais pas, mais t'as raison de pas m'aimer je suppose... Je fermai les yeux pendant quelques secondes. Non, sa présence me déconcentrait trop. Je me levai. Allez, cadeau, t'étais là en premier. Et sur ces mots, je décidai de retourner à mon dortoir, tout en me demandant si j'aurais une autre occasion de croiser la petite rousse. Avoir décidé de partir à ce moment était une bonne idée : elle m'avait assez distraire pour que mes autres pensées s'évanouissent, et j'avais mis fin à la discussion avant avoir été trop agacée. Ma première journée à Ellour aura été originale, au moins.



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Lun 24 Aoû - 15:05
       
       
AU CLAIR DE LUNE




EMILY
ISAAC


Elle me saoûle. Putain qu'est-ce qu'elle me gonfle. pensa-t-elle.

Son mal de tête commençait vraiment à lanciner son crâne, elle ne se sentait vraiment pas très bien. En plus, son agacement envers le comportement de cette peste n'arrangeait certainement pas les choses. Tallula était tentée de la plonger dans un cauchemar pour qu'elle se taise, pour enfin être tranquille, pour ne plus entendre sa voix pénible continuer à la rabaisser comme si elle était l'être le plus inférieur sur terre seulement parce qu'elle avait l'air d'une petite gamine rousse inoffensive alors qu'elle savait très bien se défendre toute seule.

- Je m'en tape complètement que tu saches pas reconnaître une chèvre. Et je ne suis pas idiote, contrairement à toi, si tu crois que je sais pas que le plus important dans la vie n'est pas d'avoir une culture générale énorme, tu te trompes lourdement. Et si je te juge à cause d'une putain de chèvre, c'est parce que t'es tellement désagréable que ça n'en est même pas drôle. Si t'étais conne mais sympa, je m'en foutrais, mais toi t'es conne et t'es une fille pitoyable qui juge les gens sans les connaître, donc je peux pas ignorer le fait que tu te sentes supérieure aux autres alors que franchement t'as pas toi-même de quoi être fière. Ouais, parce qu'à la base, c'est toi qui a commencé à me juger à cause de ma taille. Illico en me voyant tu m'as classée dans le domaine des gamines complètement idiotes et naïves qui voient pas plus loin que le bout de leur nez. T'es beaucoup plus grande que moi certes, mais si c'est ton seul atout, tu vas pas aller loin dans la vie, cocotte. Navrée d'être petite, tout le monde ne peut pas ressembler au grand cheval sans cervelle que tu es. Mais bon, c'est pas grave, je t'en veux pas, après tout tu viens sans doute de Saddym ou Zamias, t'as donc pas eu l'occasion d'avoir une bonne éducation et du coup personne a pu t'apprendre le respect ou former ton cerveau correctement. Ouais, je te juge, mais ça c'est bien parce que tu as commencé à me juger sans raison particulière.

Quand la peste lui dit qu'elle n'était pas venue là pour elle, Tallula ne put s'empêcher de faire la grimace. Sérieusement ? C'était elle, la conne qui se croyait supérieure à tout le monde qui disait ça ? Cette fille avait vraiment l'esprit dérangé, ou alors elle était tout bonnement stupide. La rouquine en avait assez de parler avec cette gourde aussi ridicule que son pyjama en lambeaux, elle voulait juste qu'elle parte, qu'elle se la ferme une bonne fois pour toute et qu'elle aille dans un autre coin de la cour et lui foute la paix à défaut de retourner dans son dortoir.

- Non, sans blague ? Je suis pas conne comme toi hein, vu comment tu me parles j'me doutais bien que t'étais pas venue ici pour moi. Je dis ça juste parce que y'a plein d'autres endroits dans la cour où tu pourrais être tranquille. Y'a plein de place, alors autant que t'ailles t'installer ailleurs, ce sera mieux pour nous deux. Oui, je te demande clairement de dégager parce que tu me gonfles et que j'ai juste envie de prendre l'air sans me faire emmerder par une peste.

La peste sembla fermer les yeux pendant quelques instants avant de brusquement se relever. A priori, la brune avait changé d'avis. Un sentiment d'euphorie envahit ses veines, et Tallula ne put empêcher un sourire de se dessiner sur ses lèvres. Enfin, elle allait enfin avoir la paix. Alors que la peste s'éloignait, la rouquine agita la main derrière elle et s'écria :

- Merci, c'est sympa ! Au déplaisir de te revoir !

D'après la réaction de celle-ci quand elle lui avait dit qu'elle espérait ne pas être dans son dortoir, Tallula pouvait affirmer avec quasi-certitude qu'elles n'allaient pas devoir cohabiter, ce qui rendit la rendit encore plus heureuse. Alors que la peste s'éloignait, la rousse se rendit compte qu'elle ne connaissait toujours pas son nom. Elle demanderait autour d'elle s'il n'y avait pas moyen de découvrir son identité. En attendant, Tallula comptait bien profiter tranquillement de sa petite escapade nocturne maintenant que plus personne n'était là pour aller la déranger.

La rouquine leva de nouveau la tête vers les étoiles, et ses pensées dérivèrent de nouveau vers sa soeur défunte et son cauchemar épouvantable. Une nouvelle fois, elle songea qu'elle devait à tout prix maîtriser son pouvoir au plus vite. Elle devait devenir une magicienne puissante pour sa soeur. Une heure plus tard, la rouquine se releva, désormais beaucoup plus détendue et épanouie qu'en arrivant. Tallula sourit en voyant une constellation dans le ciel qui fascinait Cheyenne avant, et elle avait l'impression de l'entendre crier de joie dans ses oreilles alors que la rousse lui disait de parler moins fort pour ne pas réveiller les voisins. Alors qu'elle retournait lentement dans son dortoir, une seule pensée régnait dans son esprit.


Je vais continuer à sourire pour toi, Cheyenne.

Et Tallula sourit en reposant sa tête sur l'oreiller, bercée par la douce respiration de Raff dans le lit en face d'elle.




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(Note : Isaac n'ayant toujours pas posté, je conclus le RP)[/color]
              
       
             
       
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